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Depuis le temps que je suis obnubilé par l’Île, c’est seulement ici que je réalise que je suis aussi venu me frotter au fleuve. Il faut que je sniffe ses entrailles, que je caresse la vie qu’il abrite et, plus encore, que je sente sa menace, le souffle de sa marée qui, en quel­ques minutes, pourrait me recouvrir.

J’ai une pensée pour Sarah. Que préférerait­elle ? La marée basse, qui laisse sourdre une langue de terre où grouille une vie amphibienne ? Ou la marée haute, l’impression d’une eau égale et lisse, une étendue vaste de secrets bien gardés, dont certains appa­raissent, parfois, dans la décharge des vagues ? Sarah, chose certaine, est une marée haute.

En embarquant dans la chaloupe qui le ramènera au terrain de jeu de son enfance, Félix est résolu à faire la paix avec son passé disloqué, marqué par un exil abrupt. Il le faut : Sarah attend au retour un homme prêt à devenir père, à accrocher un nouveau maillon à la lignée.

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On en parle

Yannick Marcoux n'a pas la prétention de réinventer la roue avec cette histoire somme toute simple, de laquelle émergent, comme des petits trésors laissés par la marée, des pépites d'humanité, de douceur et de renouveau. Il écrit d'abord et avant tout pour faire du bien à lui-même autant qu'aux autres , montrant qu'il est possible, dans ce présent chaotique et terrifiant, de trouver en soi la force de s'apaiser, d'avancer, de donner, dans la vie comme dans l'amour, le meilleur de soi.
– Anne-Frédérique Hébert-Dolbec, Le Devoir, 2 avril 2022

La finesse de l'écriture, la manière de rendre belles les phrases les plus simples et les passages reliés à la mouvance de l'eau comme une douce métaphore de la vie qui suit son cours : tout de ce roman aux accents poétiques attachés au quotidien fait du bien. 
– Sarah-Émilie Nault, Le Journal de Montréal, 14 mai 2022

J'avais envie d'aborder comment, chacun, à diverses échelles, on peut avoir un drame immense et néanmoins cheminer dans la vie, s'émanciper. Tout en rappelant qu'il y a des moments qui font ressurgir ces blessures malgré nous.
– Yannick Marcoux en entrevue avec Léa Harvey, Le Soleil