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Rodrigo m’emmène sur une colline qui borde la Casa de migrantes et pointe une montagne à moins d’un kilomètre d’où nous nous trouvons. Elle se situe en territoire américain, m’apprend-il. Pourtant, pour lui, l’Amérique ne se trouve pas là. Elle commence 135 kilomètres plus loin, aux environs de Ark Creek, de l’autre côté du checkpoint militaire qu’il devra contourner lors de son périple. Douze jours si tout se passe bien.

Douze jours s’il déjoue le dispositif militaire en place. Douze jours s’il réussit à ignorer la soif et la faim. Douze jours s’il évite les blessures. Douze jours pour échapper au sort qu’on lui a réservé.

Dans le Sud de l’Arizona, là où la main humaine a tracé la frontière entre les États-Unis et le Mexique, le désert est employé comme arme contre la migration. Chaque année, plusieurs centaines de personnes perdent la vie en tentant de traverser ce territoire hostile. Faire écho aux voix de ceux et celles que la frontière tente de faire disparaitre, c’est lutter contre l’oubli.

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