Fermer

Fais confiance à la mer, elle te portera

Bibliothèque québécoise

Délaissant la fiction, Antonine Maillet plonge dans cet essai afin de comprendre ce qui l’y attire tant depuis 70 ans. Entre mémoire et imagination, de souvenirs en hypothèses, elle se laisse porter par la question de l’origine de son écriture et se laisse entraîner jusqu’aux sources de son besoin viscéral d’inventer, elle qui vient de la grande tradition orale francophone. Elle revisite ainsi quelques-uns de ses livres (La Sagouine, Pierre Bleu, Le temps me dure, On a mangé la dune, Chronique d’une sorcière de vent, Le chemin Saint-Jacques, Pélagie-la-Charette, Le huitième jour) et raconte la naissance de certains personnages, en s’émerveillant de comprendre soudain les tours que la fiction peut jouer à la réalité. Grande conteuse devant l’Éternel, elle ne cesse de nous surprendre par sa verve et sa brillante maîtrise de la littérature française.

Afficher

Extrait

D’où me vient le besoin d’écrire? Cette démangeaison de raconter, d’agrandir, de transposer tout ce qui se présente à l’oeil, l’ouïe, le palais, la peau, le nez… Ah! Le nez!… De m’emparer du monde comme s’il était mon bien propre, pire, comme s’il était sorti de moi? Je ne vous cacherai rien, j’en fais le pari. Je vous avouerai, sans vergogne ni bravache, mon penchant démesuré pour la vie, depuis ma plus lointaine enfance, jusqu’à me faire croire qu’elle n’appartenait qu’à moi. […]

L’oralité prend son symbole dans la mer qui s’enfle, monte, éclate puis s’écrase en crachant son varech et en faisant rouler les cailloux sur le rivage. À la différence de l’arbre qui pousse imperceptiblement, durant des années ou des siècles, toujours droit vers le soleil. C’est l’anima contre l’animus. Le ventre contre le cerveau, le complexe contre la clarté, le mouvement contre le fixe, l’oral contre l’écrit, le mortel contre l’immortel.

On en parle

Elle qui a reconnu dans Rabelais un ancêtre lointain va donc entreprendre une tâche gargantuesque : écrire une langue qui n’existait jusqu’alors que sous sa forme orale. Et faire émerger, du même coup, une véritable littérature nationale. On compte sur les doigts de la main les écrivains qui peuvent se vanter d’avoir accompli à eux seuls un tel exploit.
– Martine Desjardins, L’Actualité

C’est par les mots qu’Antonine Maillet a nommé son pays, l’a fait exister et s’est révélée à des lecteurs d’ici et d’ailleurs. […] Une lecture passionnante. C’est un essai mais bien d’autres choses encore.
– Michel Désautels, Désautels

Date de parution
11 mars 2020
Nombre de pages
248
Dimensions
10,7 x 17,7 cm (4,25 x 7 po)
Format
Poche
Langue
Français